Les psychologues sont de plus en plus nombreux à se former à l’animation de groupes d’analyse des pratiques (GAP). Ce mouvement traduit une prise de conscience : animer un GAP est un métier à part entière, qui s’apprend et se construit. Les directions, souvent échaudées par une « psychologisation » des dispositifs, attendent désormais des intervenants qui tiennent un cadre rigoureux et distinguent clairement l’analyse des pratiques d’un soutien psychologique.

Ce que votre formation de psychologue apporte

Selon les profils, les atouts diffèrent. Le psychologue clinicien lit finement les dynamiques relationnelles et les ambivalences. Le psychologue du travail comprend les enjeux institutionnels et sait décoder une commande. Le neuropsychologue apporte rigueur et capacité de structuration. Dans tous les cas : une solide position méta, des techniques d’écoute et une aisance avec le groupe.

Votre point de vigilance : la dérive thérapeutique

Le même réflexe clinique peut devenir un obstacle : la tentation d’interpréter, d’aller « au-delà » du dit, de glisser vers une posture thérapeutique là où le dispositif appelle une animation structurée. Comme le formule Maela Paul, l’accompagnement est une posture à part entière — ni thérapeutique, ni directive, ni expertisante. Le déplacement à opérer : problématiser sans résoudre, relancer sans orienter, contenir sans interpréter.

Aucun cursus universitaire de psychologie ne prépare à animer un GAP : ce n’est pas une critique, c’est un simple constat de périmètre — que pose d’ailleurs Anne Chimchirian, elle-même psychologue clinicienne de formation. Le titre ne dit pas le métier. La posture, si.

Tout profil formé peut animer l’analyse des pratiques

Votre métier d’origine n’est ni un laissez-passer ni un obstacle : c’est un point de départ. Ce qui fait un intervenant compétent, c’est la formation à une méthode et le travail de la posture. La formation IAPP1 — devenir intervenant en analyse des pratiques professionnelles vous y prépare, quel que soit votre parcours. Pour la vue d’ensemble, voir faut-il être psychologue pour animer l’analyse des pratiques ?