« Aimer les enfants, ce n'est pas une compétence. » Je sais. Dit comme ça, ça pique. Surtout si vous travaillez auprès des tout-petits.

Cette phrase ne dit pas que l'amour n'a pas sa place. Elle dit qu'il ne suffit pas à décrire ce que vous faites pour le faire reconnaître.

Quand une auxiliaire dit « je l'ai rassuré, c'est tout », elle a souvent ralenti sa voix, s'est mise à la hauteur de l'enfant, a nommé ce qu'il traversait, en gardant un œil sur les cinq autres.

Ce n'est pas « tout ». C'est un geste technique, précis, transmissible.

Le tout-petit construit sa pensée à travers les mots des adultes qui l'entourent. Ces adultes méritent d'avoir, eux aussi, des mots pour leur travail.

Et nous, intervenants en analyse des pratiques, avons là un rôle précieux : aider les équipes à dire ce qu'elles font. Non pas pour les rassurer. Plutôt pour leur apprendre à reconnaître leur professionnalisme.

Deux personnes ont nourri ma réflexion ces derniers mois : Amale Cosma, avec qui j'en ai parlé au micro de Référence Petite Enfance, et Perrine Company, qui a donné la parole aux professionnels dans son livre « Les voix de la petite enfance ».

Si vous connaissez des « pros de terrain petite enfance » (EJE, auxiliaire puer, direction de crèche, assistante maternelle) ou un intervenant APP qui a besoin d'entendre ça, partagez-leur ce post.

La reconnaissance commence par la connaissance…

Et vous : quel geste de votre quotidien mériterait enfin d'être nommé ?


Réflexion partagée initialement par Anne Chimchirian sur LinkedIn. Voir la publication d’origine.

Pour aller plus loin : la méthode APEOS® · devenir intervenant en analyse des pratiques · l'APP en crèche.