Newsletter · décembre 2025

Une édition de fin d'année : l'évolution des parcours (IAPP1, IAPP2, IAPP3, Masterclass APEOS®), le hors-série Direction(s) et une réflexion sur l'humilité en APP.

Lettre envoyée le 27 décembre 2025 aux abonnés de la newsletter, republiée ici à quelques adaptations près. Les dates, tarifs et formats de formation cités sont ceux du moment de l’envoi : pour l’offre actuelle, consultez le calendrier des formations.

Édito – Fin d’année, temps de seuil

La fin d’année a cette particularité étrange : elle donne l’impression que quelque chose se referme, même quand tout continue.

Pour les professionnels indépendants, et plus encore pour celles et ceux qui animent des Groupes d’Analyse des Pratiques, ce moment est rarement neutre.
Il vient toucher à la fatigue accumulée, aux choix posés tout au long de l’année, aux cadres que l’on a tenus… et à ceux que l’on a parfois dû ajuster en chemin.

C’est aussi une période où l’on fait le point, souvent sans le formaliser :
sur ce qui a tenu,
sur ce qui a résisté,
et sur ce qui demande à être repensé pour continuer à travailler juste.

Dans l’animation des GAP, cette question est centrale.
Parce qu’on ne tient pas un dispositif dans la durée uniquement avec des outils.
On le tient avec une posture, une clarté de cadre, et une capacité à rester réflexif y compris, et surtout, quand on est expérimenté.

Cette newsletter de décembre s’inscrit dans cet esprit.
Comme un temps de seuil : entre ce qui s’est consolidé, et ce qui est en train de prendre forme.

🍂 Spécial fin d’année : sortir du cadre habituel, volontairement

Cette newsletter ne suit pas tout à fait la trame habituelle.

La fin d’année appelle, pour moi, davantage de mise en cohérence que d’empilement.
Un temps pour relier, clarifier, et préparer la suite sans précipitation.

Pas de mantra ce mois-ci.
Pas de zoom purement technique non plus.

Ce n’est ni un oubli, ni un changement de cap.
C’est un choix.

Les rubriques qui suivent sont donc davantage orientées vers :

  • les évolutions de fond,
  • les projets en cours de déploiement,
  • et les espaces de travail collectif à venir.

🔧 En coulisse : ce qui évolue (et pourquoi)

🔹 IAPP1 consolidée pédagogiquement

Je souhaite commencer par un point important concernant IAPP1, qui demeure le socle de l’ensemble du parcours.

Le rythme reste volontairement stable : une dizaine de sessions par an, en présentiel.
Aujourd’hui, ces sessions se remplissent plusieurs mois à l’avance, y compris lorsqu’elles sont proposées à Paris ou en Outre-mer.

Ce constat n’est pas anecdotique.
Il témoigne de la place que prend désormais la Méthode APEOS® dans le paysage des Analyses de Pratiques.

L’année écoulée a également vu deux demandes de formations IAPP1 en INTRA.
C’est un signal fort : APEOS® est de plus en plus identifiée comme une méthode de référence, et non comme une simple formation parmi d’autres.

Sur le fond, j’ai mené un travail important sur l’ingénierie pédagogique, avec un enjeu central :
transmettre la technicité de la phase de problématisation sans décourager, ni simplifier à l’excès.

Les retours qualitatifs des sessions confirment que cet équilibre est aujourd’hui atteint.
Je tiens ici à remercier l’ensemble des stagiaires pour leur confiance et la qualité de leurs feedbacks, qui ont nourri ce travail d’ajustement.
Les participants repartent avec des repères opératoires solides, sans perte de sens ni écrasement de la complexité.

Je souhaite également rappeler un point essentiel :
les certifications APEOS® ne sont pas délivrées automatiquement à l’issue de la formation.

Elles restent conditionnées à l’acquisition de compétences clés, observables et travaillées tout au long du parcours.
Ce choix permet de préserver la valeur des professionnels certifiés et de soutenir un rayonnement qualitatif de la méthode.

Les professionnels certifiés APEOS® font pleinement partie d’un réseau professionnel (www.apeos.fr).
Je vous encourage à vous positionner comme tel auprès des équipes et des directions :
en vous appuyant sur le site de la méthode, en orientant les commanditaires vers l’annuaire, et en mentionnant clairement ce cadre de référence.

🔹 IAPP2 passe sur un format 3 jours

Cette évolution ne relève pas d’un simple ajustement de calendrier.
Elle s’appuie sur des retours de participants, des demandes récurrentes et des constats très concrets de terrain.

À compter de septembre 2026, IAPP2 passe sur un format 3 jours, afin de permettre :

  • une ré-immersion réelle dans la Méthode APEOS®,
  • un temps d’appropriation approfondi des outils d’animation (cartes Memento, hexagone d’animation, cartes réflexives),
  • davantage de mises en situation, d’ajustements techniques et de travail fin sur la posture,
  • un volet renforcé sur la systémie des organisations.

Deux jours ne permettaient plus ce niveau d’exigence.

Ce nouveau format permet également de travailler plus finement la dimension stratégique du métier d’IAPP :
le lien aux commanditaires, aux directions et aux institutions.
Dans la réalité du terrain, on ne travaille jamais « hors système ».

Enfin, ce format a été pensé pour faciliter la venue de celles et ceux qui font des centaines de km, afin que le déplacement ait un véritable rendement professionnel.

L’IAPP2 devient ainsi un espace de perfectionnement plus cohérent, plus exigeant, et plus respectueux de la réalité du terrain.

🔹 Évolution des dispositifs SUPRA : un format renforcé sur 3 jours qui devient IAPP3

Les dispositifs de SUPRA évoluent également.

Jusqu’ici proposés sur deux journées perlées (non consécutives) dans l’année, ils passeront désormais sur un format de 3 jours.

Cette évolution répond à un constat partagé :
le travail de supervision, lorsqu’il s’adresse à des intervenants déjà engagés et exposés à des contextes complexes, nécessite plus de continuité, plus de profondeur et plus de temps d’élaboration collective.

Le format sur 3 jours permet :

  • de sortir d’un travail trop fragmenté,
  • de soutenir une véritable dynamique de supervision,
  • et de créer un espace plus sécurisant pour déposer, analyser et retravailler des situations exigeantes.

Il ne s’agit pas d’intensifier le rythme, mais de mieux respecter les processus propres à la supervision : temps de décantation, mises en lien, reprises, et ajustements posturaux fins.

Ce nouveau format vise ainsi à renforcer la qualité du travail supervisé, au service de la tenue dans le temps des pratiques professionnelles.

Il sera, aussi, plus facilement envisageable pour des professionnels qui font un déplacement important.

BOUTON :

🔹 L’arrivée de la Masterclass APEOS®

Il était temps de proposer un espace spécifiquement dédié aux intervenants APP expérimentés.

Celles et ceux qui tiennent des dispositifs complexes dans la durée.
Qui travaillent dans des contextes institutionnels exigeants.
Et à qui l’on demande beaucoup, sans toujours leur offrir des espaces à la hauteur de leur engagement.

La Masterclass APEOS® est née de cette attention-là.
Non pas pour « ajouter un niveau », mais pour prendre soin de la pratique de celles et ceux qui la portent déjà avec sérieux et constance.

Chaque intervenant développe, avec le temps, une signature professionnelle singulière.
La Masterclass part de cette singularité pour la travailler, l’affiner et la rendre plus lisible, pour soi comme pour les partenaires institutionnels.

C’est ma manière de me mettre au service de celles et ceux qui font vivre l’Analyse des Pratiques sur le terrain, et de les remercier concrètement pour leur engagement.

🧭 En cours : ce qui se déploie sur le terrain

🔹 IAPP1 en INTRA auprès de Psychologues de PMI

Une première session IAPP1 en INTRA s’est tenue récemment auprès de psychologues de PMI, à la demande d’une collectivité départementale.

Un contexte exigeant, une forte implication professionnelle, et une demande claire :
renforcer la capacité à analyser des situations complexes sans réduire l’Analyse des Pratiques à un espace de soutien psychologique.

Ces interventions confirment la professionnalisation des APP et la confiance qu’inspire la Méthode APEOS®, progressivement hissée en point de référence.

🔹 Session Antilles 2026- Martinique

Mi-janvier se tiendra une nouvelle session IAPP1 en Outre-Mer. C’est l’Ile de la Martinique qui accueillera cette session antillaise.

Les interventions en Outre-mer demandent une attention particulière aux contextes locaux et aux dynamiques professionnelles spécifiques.
Elles confirment, tout comme dans l’Hexagone, le besoin de repères solides pour animer des Groupes d’Analyse de la Pratiques.

Des professionnels venant de Guadeloupe et de Guyane feront le déplacement pour cette session. Exceptionnellement, afin de ne laisser personne “sur le carreau” et en toute lisibilité sur les raisons, j’ai accepté un groupe de 18 stagiaires.

📰 Un Hors-série dédiée à l’ Analyse des Pratiques

Officiellement publié, j’ai la joie de vous partager la réalisation du hors-série – Direction(s) magazine, entièrement consacré à l’Analyse des Pratiques.

La rédaction m’a confié l’écriture de l’ensemble du document.
L’enjeu était de proposer des repères structurants et rigoureux pour clarifier les finalités des APP, leurs conditions de mise en œuvre et les points de vigilance essentiels, à destination des directions, cadres et décideurs institutionnels.

Ce hors-série permet notamment :

  • de poser un cadre commun autour des APP,
  • d’outiller la réflexion des directions et des services RH,
  • d’éviter les glissements et usages approximatifs des dispositifs.

Désormais disponible, vous pouvez le commander à l’unité directement.

🔍 Réflexion du mois : Humilité et réflexivité en APP

L’humilité est souvent mal comprise.
Elle n’est ni le doute permanent,
ni l’effacement,
ni une posture de retrait.

En Analyse des Pratiques, l’humilité est une condition de la réflexivité : reconnaître ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas, et accepter que les systèmes nous dépassent toujours en partie.

Mais un point est essentiel : humilité et confiance en soi ne sont pas antinomiques.

Cette fausse croyance produit des intervenants compétents qui plafonnent, s’auto-censurent ou se rigidifient au nom d’une pseudo-modestie. J’ai développé cette réflexion dans un post LinkedIn récemment :

Post : à 42 balais, j’ai arrêté d’avoir peur de ma propre magie…

📣 À noter : Webinaire sur l’utilisation des Cartes Réflexives | 2 février

🃏 Les Cartes Réflexives : un outil au service de la réflexivité

Le 2 février, je proposerai un webinaire dédié aux Cartes Réflexives.

L’intention reste inchangée :
clarifier leurs conditions d’usage, leurs limites, et leur juste place au regard de la posture de l’intervenant.

Ce webinaire sera animé par mes soins, dans un format court, dense et interactif, d’une durée d’une heure :

  • 20 minutes de présentation,
  • suivies d’un temps de questions / réponses en direct.

Décembre est un mois de ralentissement, mais aussi de réalignement.

Ce que je cherche à construire, formation après formation est un parcours de cohérence.
C’est une manière pour moi de soutenir durablement celles et ceux qui tiennent ce métier avec sérieux, exigence et discernement.

Cette newsletter n’existe que depuis quelques numéros.
Elle se construit pas à pas, au fil des thèmes, des questions, des échanges.

Je lis chacun de vos messages, vraiment.
Vos retours comptent : sur les rubriques, le rythme, les sujets abordés, ce qui vous aide… et ce qui vous aide moins.

N’hésitez pas à me faire part de vos propositions de zooms techniques, de points de butée, ou de situations de terrain que vous aimeriez voir travaillées ici.
Cette newsletter est aussi un espace vivant, nourri par ce que vous traversez dans vos interventions.

Merci pour votre lecture, votre engagement, et la confiance que vous accordez à ce travail.

Belle clôture de 2025,
et que 2026 nous trouve un peu plus clairs, un peu plus libres, et résolument tournés vers ce qui compte 😉

À très bientôt,
Anne CHIMCHIRIAN

Anne CHIMCHIRIAN

Les autres lettres

Lettre précédente · novembre 2025

La place des émotions en Analyse des Pratiques

L'émotion en séance, ni ennemie ni reine : les quatre dérives émotionnelles qui mettent un dispositif d'AP en péril, et la place du silence.

Lettre suivante · janvier 2026

Travailler à partir de ce qui va bien : une bonne idée ?

Peut-on travailler en APP à partir de situations qui vont bien ? Oui, avec prudence technique : ce qui rend une situation positive réellement analysable.

Recevoir la prochaine lettre

Une lettre par mois, pour les intervenants en Analyse des Pratiques : un sujet de fond, un zoom technique, une subtilité, et des nouvelles du terrain.