Se suicider reste une grande décision et face à cette détresse, le premier réflexe d'un proche est souvent de vouloir rassurer ou relativiser.

Dans une posture thérapeutique juste, le praticien doit, au contraire, s'effacer pour laisser toute la place à l'autre. C'est l'unique moyen de lui permettre de se réapproprier sa propre histoire.

Je me souviens de cette femme qui s'est installée dans mon cabinet et m'a immédiatement confié qu'elle ne s'en sortait plus de sa dépression, que son quotidien était devenu trop lourd et trop douloureux à supporter.

Forte de mon expérience auprès de personnes traversant des phases de dépression avec des idées suicidaires, je lui ai simplement expliqué qu'un tel choix demandait un regard totalement éclairé sur sa situation.

Après 8 à 10 séances, elle avait enfin clarifié les choses. Lors de notre dernier rendez-vous, elle m'a remerciée d'avoir créé cet endroit unique où elle pouvait enfin parler de tout sans filtre.

Aujourd'hui, la question de mettre fin à ses jours ne se pose plus du tout.

Accompagner la souffrance et ouvrir un espace de parole authentique sans juger, c'est un véritable métier.


Réflexion partagée initialement par Anne Chimchirian sur LinkedIn. Voir la publication d’origine.

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