POST 1/3. Série : Les points de butée fréquents des intervenants en APP expérimentés. N°1 : Privilégier la tenue du climat relationnel à l'opératoire de l'AP… C’est l’un des pièges les plus fréquents chez les intervenants APP aguerris. Et l’un des plus difficiles à repérer, précisément parce que… tout semble bien se passer.

Avec l’expérience, on devient très bon pour : sécuriser l’espace, apaiser les tensions, fluidifier les échanges, distribuer la discussion, installer un climat relationnel confortable.

En apparence, la séance fonctionne. Le groupe se sent bien. L’ambiance est sereine. Mais voilà le point aveugle : assurer le climat relationnel n’est pas ce qui garantit les objectifs d’une séance d’Analyse de la Pratique.

Tenir le cadre, c’est gérer ce qui apparaît. Animer une séance d’AP, c’est conduire la transformation. Et ce n’est pas du tout le même métier.

Dans un cas, on accompagne la discussion. Dans l’autre, on travaille une trajectoire opératoire : – ce qu’on souhaite déplacer, – ce qu’on ouvre ou contient, – ce qu’on favorise comme déplacement. Quand l’intention opératoire disparaît au profit de la gestion du présent relationnel, la séance “se passe bien”… mais la transformation reste faible.

C’est précisément là que beaucoup d’intervenants expérimentés plafonnent : le cadre est impeccable, mais la séance, au final, manque d'architecture.

Et sans architecture, il n’y a pas de transformation concrète de la pratique.

Restons humbles et précis…

Rdv dans le prochain post avec l’Erreur n°2… celle qui peut toucher les intervenants AP les plus aguerris, justement parce qu’ils pratiquent souvent.


Réflexion partagée initialement par Anne Chimchirian sur LinkedIn. Voir la publication d’origine.

Pour aller plus loin : la méthode APEOS® · devenir intervenant en analyse des pratiques · l'APP dans le médico-social.