Les premières fois ont besoin d'un cadre. Pas d'une protection.

Hier soir j'ai emmené ma fille passer sa première nuit en tipi.

J'ai préparé le nécessaire. Le bon équipement. Les bonnes informations. Et puis j'ai fait un pas en arrière. Pour qu'elle vive l'expérience.

Pas pour qu'elle n'ait pas froid. Pas pour qu'elle n'ait pas peur. Pour qu'elle découvre ce que c'est, vraiment que de dormir au son des animaux sauvages, et qu'elle retrouve spontanément le rythme du soleil.

Permettre à l'autre de faire l'expérience, ce n'est pas s'effacer je crois.

C'est être là, pleinement, pour que l'espace existe.

Élever des enfants m'a captivée : qu'est-ce qu'accompagner vraiment ?

Pour ma part, j'ai accepté que ce n'est pas résoudre. Ce n'est pas aplanir. C'est créer les conditions pour que l'autre rencontre ce qu'il a besoin de rencontrer et qu'il ne se sente jamais seul à le vivre.

L'accompagnement ne protège pas de l'expérience. Il la rend possible. C'est dur. Par contre c'est Vrai.

Ce soir-là, sous les étoiles de la Drôme, ma fille a découvert quelque chose. Je ne sais pas exactement quoi. C'est son expérience, pas la mienne. Et c'est précisément ça qui me remplit le coeur.

Et vous : dans vos relations, comment vous gérez cette envie spontanée de protéger l'autre et de le laisser expérimenter ?


Réflexion partagée initialement par Anne Chimchirian sur LinkedIn. Voir la publication d’origine.

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