Il y a, dans l'un de vos groupes, une personne qui vous agace plus que les autres. Vous avez déjà son prénom en tête.

On n'en parle jamais entre nous. On dit « personnalité difficile », on range l'affaire dans cette case, ou alors on en parle pas. Et on passe à autre chose.

Je me méfie beaucoup de cette étiquette. Elle cristallise, elle fige quelqu'un dans un défaut, et surtout elle nous dispense de questions qui mériteraient d'être posées :

Pourquoi lui ? Et pourquoi à chaque séance ?

Parce que ce n'est pas rien, ce qui se joue là.

Concrètement, c'est la boule au ventre avant telle séance, et pas avant une autre. C'est la phrase que vous n'avez pas dite et qui vous revient dans la voiture. C'est cette lassitude très précise, réservée à une seule personne du groupe, dont finalement vous ne parlez à personne.

Parce qu'un intervenant, ça n'est pas censé être agacé.

Pourtant, je vous confie 2 choses :

–> votre agacement n'est pas un défaut de professionnalisme. C'est une information.

À condition de la lire, et non de la subir.

La seconde demande beaucoup plus de place. C'est pour cela que je lui consacre ma lettre de rentrée, lundi soir.

J'y nomme les cinq places que les groupes nous font occuper sans qu'on les ait choisies. J'y montre aussi où se trouve la limite à ne pas franchir quand on lit ce qui se dépose sur nous : il y a un geste juste à faire, et un autre qui nous ferait sortir de notre cadre en croyant bien faire.

Ce sujet, je ne l'ai pas choisi seule : c'est Emmanuelle, de La Réunion, qui me l'a suggéré par mail;)

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Réflexion partagée initialement par Anne Chimchirian sur LinkedIn. Voir la publication d’origine.

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