Ce silence en début de séance d'Analyse des Pratiques … Normal ? Ou problématique ?

Mon avis en tant qu'animatrice expérimentée : L’APP ne devrait jamais faire mal.

Et pourtant, nombreuses équipes témoignent de séances avec des démarrages pesant, figés, où chacun s'est senti suspendu, en apnée.

Ce genre de silence n’est pas neutre. Il témoigne de la gêne ressentie à "être ensemble ici et maintenant". Un silence d’angoisse, où on évite même de tousser, de peur qu’on vous confonde avec “celui qui va commencer”…on en rit pas un peu jaune ?

À l’inverse, un silence constructif peut être un excellent signe : Le groupe entre doucement dans un autre espace-temps, celui de la réflexivité.

On sent un calme, une concentration, une transition vers un autre mode de pensée. C’est sain. C’est utile. C’est le début du travail.

Mais alors, comment faire la différence ? Et surtout, que faire quand le silence est plus délétère que constructif ?

Posez-vous les bonnes questions :

1⃣ Le groupe partage t-il un sens partagé suffisamment explicité ?

2⃣ Chacun sait-il comment contribuer aux objectifs communs ?

3⃣ Et moi, en tant qu’animateur/trice, suis-je clair(e) sur mon rôle ?

Parce que non, l’APP n’est pas un dispositif qui s’anime uniquement à l’intuition.

Et non l'APP ne devrait pas reposer pas sur l’espoir que “ça finira bien par démarrer”.

Des silences constructifs en Analyse des Pratiques impliquent que : le périmètre technique de l'APP soit précisé et maîtrisé l'animateur sache transformer les narrations des professionnels en problématiques exploitables pour le travail d'Analyse de la Pratique. la dynamique affective des groupes soit gérée.

Vous avez connu des silences en Analyse des Pratiques ? En tant qu'animateur ou même participant ? Moi ceux que j'ai subis, ils m'ont clairement violentée…


Réflexion partagée initialement par Anne Chimchirian sur LinkedIn. Voir la publication d’origine.

Pour aller plus loin : la méthode APEOS® · devenir intervenant en analyse des pratiques · l'APP dans le médico-social.