La problématisation : cette compétence déterminante qu'on fait trop souvent intuitivement…

Un participant apporte une situation. Il la raconte. Il y a de l'émotion, des faits, des interprétations, de la fatigue.

Le travail de l'intervenant en APP n'est pas de gérer l'émotion. Ni de valider la narration. Ni de laisser le groupe commenter librement.

Pour véritablement accompagner le groupe dans une démarche réflexive, il doit savoir transformer cette narration en problématique exploitable.

Ce passage, de la narration à la problématique s'appelle la problématisation.

Et clairement, c'est là que tout se joue.

Sans elle : – le groupe commente, – il conseille, – il projette, – il débriefe la situation au lieu de l'analyser.

Avec une problématisation claire : – les échanges prennent une direction, – le travail collectif porte sur quelque chose de précis, – la séance produit un effet réel sur la pratique professionnelle.

La différence n'est pas anodine. Dans un cas, les participants repartent soulagés. Dans l'autre, ils repartent avec quelque chose de nouveau sur leur pratique. Ce n'est pas la même chose.

La problématisation ne s'improvise pas. Elle s'apprend, elle se pratique, elle se supervise. Et quand elle est maîtrisée, c'est elle qui distingue une séance bien intentionnée d'une séance réellement efficiente.


Réflexion partagée initialement par Anne Chimchirian sur LinkedIn. Voir la publication d’origine.

Pour aller plus loin : la méthode APEOS® · devenir intervenant en analyse des pratiques.